5 janvier, 2026
DECLARATION DE LA PRESIDENTE CLAUDIA SHEINBAUM PARDO
Je voudrais lire une déclaration concernant les événements qui se sont déroulés au Venezuela il y a quelques jours. Bien que nous ayons déjà pris une position à ce sujet, je voudrais lire une déclaration plus détaillée :
La position du Mexique face à toute forme d'intervention est ferme, claire et historique. À la suite des événements récents au Venezuela, où le gouvernement des États-Unis a mené une intervention directe qui a conduit à la capture du président Nicolás Maduro et de son épouse, ainsi qu'à la perte de vies humaines, le Mexique réaffirme un principe qui n'est pas nouveau et qui n'admet aucune ambiguïté.
Nous rejetons catégoriquement toute intervention dans les affaires intérieures d'autres pays.
L'histoire de l'Amérique latine est claire et nette : l'intervention n'a jamais apporté la démocratie, elle n'a jamais généré le bien-être ni une stabilité durable.
Seuls les peuples peuvent construire leur propre avenir, décider de leur voie, exercer leur souveraineté sur leurs ressources naturelles et définir librement leur forme de gouvernement.
Notre position est clairement inscrite dans la Constitution des États-Unis mexicains, mais il ne s'agit pas seulement d'un principe national. La Charte des Nations unies et le droit international établissent sans équivoque le respect de la souveraineté des États, de leur intégrité territoriale et du droit des peuples à l'autodétermination.
C'est pourquoi nous affirmons clairement que pour le Mexique, et cela devrait être le cas pour tous les Mexicains, la souveraineté et l'autodétermination des peuples ne sont ni facultatives ni négociables, mais constituent des principes fondamentaux du droit international qui doivent être respectés sans exception.
Les actions unilatérales, les invasions, ne peuvent constituer le fondement des relations internationales du XXIe siècle, elles ne mènent ni à la paix, ni au développement.
En 1796, George Washington appelait à faire preuve de bonne foi et de justice envers toutes les nations, à cultiver la paix et l'harmonie entre tous.
Le continent est confronté à de nouveaux défis, la concurrence économique mondiale, en particulier face à la croissance de l'Asie, ne s'établit pas par l'usage de la force pour soumettre d'autres peuples, mais par la coopération pour le développement, l'investissement productif, l'innovation, l'éducation et le bien-être social.
Nous soutenons que le continent américain peut et doit avancer vers une nouvelle vision, une vision basée sur la coopération et non sur l'intervention. Cela implique concrètement :
Premièrement. Le respect total et sans restriction de la souveraineté et de l'autodétermination des peuples. Chaque nation a le droit inaliénable de décider de son modèle politique, économique et social, sans pressions extérieures.
Deuxièmement. Des investissements productifs axés sur le développement des infrastructures, de l'énergie, des transports, de l'éducation, de la science et de la technologie. Le développement se construit.
Troisièmement. Une intégration économique régionale fondée sur des filières de production communes, un commerce équitable et des avantages pour tous les pays du continent, qui nous permette d'être autosuffisants en tant que région, tout en étant compétitifs face à la croissance asiatique.
Quatrièmement. Le bien-être social comme axe central du développement, car une croissance économique qui ne réduit pas les inégalités ni la pauvreté ne peut être considérée comme un véritable progrès.
Cinquièmement. Le dialogue permanent entre égaux. La stabilité de l'hémisphère se construit grâce à la compréhension, la coopération et le respect mutuel.
Le Mexique soutient avec conviction que l'Amérique n'appartient ni à une doctrine ni à une puissance. Le continent américain appartient aux peuples de chacun des pays qui le composent.
Lincoln a défini la démocratie comme « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».
Benito Juárez a clairement établi que « entre les individus comme entre les nations, le respect du droit d'autrui est la paix ».
Telle est la vision que nous défendons et continuerons de défendre : l'intégration économique du continent et la coopération dans le respect de la souveraineté.
En ce qui concerne la lutte contre le trafic de drogue et le crime organisé. Au cours des derniers mois, nous avons conclu un accord avec les États-Unis fondé sur quatre principes :
- Le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale.
- La responsabilité partagée et différenciée.
- Le respect et la confiance mutuels.
- Et la coopération sans subordination.
Le Mexique coopère avec les États-Unis, notamment pour des raisons humanitaires, afin d'empêcher que le fentanyl et d'autres drogues n'atteignent sa population, en particulier les jeunes.
Comme nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, nous ne voulons pas que le fentanyl, ni aucune autre drogue, se retrouve entre les mains des jeunes, que ce soit aux États-Unis, au Mexique ou ailleurs dans le monde. Nous agissons de manière responsable et déterminée.
Pour le Mexique, l'objectif central est de réduire la violence et de construire une paix durable avec des conditions de justice sur notre territoire.
Les résultats sont visibles : une réduction de 37 % des homicides volontaires, des centaines de tonnes de différentes drogues illégales saisies, des dizaines de criminels extradés.
Cependant, il est important de souligner que lorsque nous parlons de responsabilité partagée, de respect et de confiance mutuelle, cette violence qui sévit dans notre pays a pour causes, entre autres, l'entrée illégale d'armes de grand calibre des États-Unis vers le Mexique, ainsi que le grave problème de la consommation de drogues dans le pays voisin.
De même, nous avons souligné qu'il fallait lutter fermement contre les groupes qui distribuent de la drogue et blanchissent de l'argent tant au Mexique qu'aux États-Unis.
Comme je l'ai exprimé lors de conversations avec le président Trump, il est également essentiel de s'attaquer aux causes. Nous avons même convenu que les valeurs, le soutien familial, l'éducation et la communication de masse sont des outils indispensables pour prévenir la consommation de drogues.
Enfin, il est nécessaire de réaffirmer qu'au Mexique, c'est le peuple qui commande et que nous sommes un pays libre, indépendant et souverain.
Coopération, oui ; subordination et intervention, non.
Telle est la position que nous souhaitions vous faire connaître aujourd'hui.