Participation de M. le Président Enrique Peña Nieto à l’occasion de la 73e Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies
« La mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le changement climatique est une priorité pour mon pays ».
DISCOURS DU PRÉSIDENT.
Madame la Présidente,
Mesdames et Messieurs les membres de cette Assemblée,
Je tiens à féliciter Madame l’Ambassadrice María Fernanda Espinosa de son élection en tant que Présidente de l’Assemblée générale et je me réjouis du fait que pour la première fois de l’histoire une femme latinoaméricaine préside aux travaux de cette Assemblée.
Depuis la fondation de cette Organisation, le Mexique a témoigné de sa volonté de contribuer à réaliser les idéaux qui ont motivé sa création.
En tant que Mexicains, nous sommes conscients des responsabilités qui sont les nôtres en tant que nation faisant partie d’une communauté d’États souverains et indépendants.
Des générations successives ont réussi à consolider le Mexique en tant qu’État démocratique et pluriel, en tant que société libre et participative, en tant qu’économie dynamique et ouverte sur le monde.
Nous avons en même temps contribué à la délibération et à l’action autour des grands défis de la communauté internationale dans la recherche de la paix et de la sécurité, de la promotion du développement durable et de l’exercice des droits de l’Homme.
Il s’agit des valeurs universelles ayant inspiré et guidé les efforts du Mexique visant à relever les défis de notre société.
Avec l’engagement et la collaboration des trois pouvoirs de l’Union, des différents partis politiques, des organisations de la société civile et des représentants des différents secteurs économiques, le Mexique avance vers des niveaux plus élevés de bien-être et de développement.
Nous avons cherché à renforcer nos institutions et à protéger la société de la menace du crime et de la violence, en vue d’un Mexique en paix.
Nous avons œuvré afin d’améliorer les conditions de vie des groupes les plus vulnérables, en réduisant les niveaux de pauvreté dans la construction d’un Mexique inclusif.
Nous avons transformé le système éducatif mexicain afin d’offrir aux enfants et aux jeunes mexicains une éducation de qualité les préparant à une vie réussie et heureuse.
Nous avons surmonté des obstacles qui, des décennies durant, ont empêché le plein développement économique, en encourageant un Mexique prospère.
Nous avons assumé un rôle actif dans la recherche des solutions aux défis internationaux, comme il convient à l’un des dix pays les plus peuplés du monde, à l’une des quinze principales économies et à un acteur mondial responsable.
En effet, mon pays a fait du sens des responsabilités la devise de sa politique extérieure.
Le Mexique a agi de manière responsable dans la promotion d’un développement durable bénéfique pour tous.
C’est la raison pour laquelle nous avons établi une architecture institutionnelle coordonnée par le pouvoir exécutif fédéral afin d’encourager l’agenda 2020-2030 pour le développement durable.
Enfin, nous avons également promu, avec d’autres pays au sein de cette Assemblée, l’analyse annuelle de l’impact du changement technologique rapide, notamment de l’intelligence artificielle, dans la réalisation de l’agenda 2020-2030.
La mise en œuvre de l’Accord de Paris sur le changement climatique constitue une priorité pour mon pays.
En tant que communauté internationale, nous avons l’obligation morale de mettre en œuvre ses préceptes et d’atteindre des objectifs encore plus ambitieux en matière d’atténuation, d’adaptation et de financement.
Le Mexique a œuvré de manière responsable dans la recherche des solutions aux défis liés à la migration.
Je me félicite des progrès que nous avons accomplis pour parvenir à un pacte mondial pour une migration sûre, ordonnée et régulière.
Sur la base d’un nouveau paradigme de développement, les représentants permanents du Mexique et de la Suisse ont travaillé au cours des deux dernières années avec des États, des organisations de la société civile, des organismes internationaux et le milieu universitaire en vue d’établir comme principes directeurs de ce pacte le respect des droits de l’Homme de tous les migrants, indépendamment de leur statut migratoire, la responsabilité partagée et le respect absolu de la souveraineté des États, entre autres.
L’adoption formelle de cet instrument à Marrakech, en décembre prochain, nous permettra de disposer d’un document fondateur pour la gouvernance internationale de la migration.
Le Mexique a œuvré de manière responsable en faveur de la promotion de la paix et de la sécurité internationales.
Après plus de deux décennies d’absence, le Mexique a repris sa participation aux opérations de maintien de la paix.
Ces dernières années, nous avons contribué aux opérations déployées en Afrique, au Moyen Orient, ainsi qu’en Amérique latine et dans les Caraïbes.
Le Mexique s’est également caractérisé par sa lutte en faveur de l’élimination totale des armes de destruction massive, et notamment du désarmement nucléaire.
C’est la raison pour laquelle nous avons engagé et accompagné le processus ayant abouti en 2017 à la négociation du Traité sur l’interdiction des armes nucléaires, ratifié par le Mexique en janvier dernier.
Nous recommandons à tous États membres de le signer et de le ratifier sans délai.
Les armes de destruction massive ne sont pas la seule menace pour la société. Le trafic illicite d’armes est l’un des défis majeurs pour la sécurité intérieure que le Mexique, à l’instar de nombre d’autres pays, a dû relever.
Je le dis de manière très claire : le trafic d’armes illicites, compte tenu de sa gravité, constitue un fléau auquel nous devons répondre de manière urgente.
Une avancée importante dans cette lutte pour la négociation et l’adoption du Traité sur le commerce des armes, la Ire Conférence des États Parties à ce traité, s’est tenue au Mexique en 2014.
Maintenant, nous devons œuvrer à sa mise en place.
Les résultats de la session spéciale de l’Assemblée générale sur le problème mondial des drogues de 2016 sont un jalon dans le régime international de contrôle des drogues.
Leur mise en œuvre nous permettra de passer de la simple interdiction à une régulation efficace qui allie les approches liées à la prévention, à la santé publique et aux droits de l’Homme.
Le Mexique a œuvré de manière responsable à la promotion des droits de l’Homme.
Nous reconnaissons que notre pays doit encore relever d’importants défis en matière des droits de l’Homme ; c’est pourquoi nous avons mis en œuvre des politiques publiques spécifiques.
Le Mexique a maintenu son ouverture au scrutin international car nous savons que c’est un instrument précieux pour renforcer nos cadres juridiques et encourager les droits de l’Homme dans le pays.
La communauté internationale doit poursuivre leur promotion, dans le cadre de ses efforts en faveur des droits de l’Homme, du respect des principes démocratiques fondamentaux dans le monde entier.
L’usurpation des pouvoirs, la violation systématique des droits politiques, la rupture de l’ordre démocratique et la crise humanitaire qui ont lieu à certains endroits du continent américain sont une source de grande inquiétude pour nous.
Le Mexique continuera de tout mettre en œuvre dans le domaine diplomatique afin que la démocratie, la paix et le respect des droits de l’Homme se rétablissent dans tous les points du continent. Nous le ferons toujours à travers des solutions pacifiques, convenues par les citoyens de ces pays, dans le plein respect du principe de non-intervention.
Comme nous l’avons toujours fait par le passé, aujourd’hui le Mexique renouvelle l’appel à mettre un terme au blocus commercial et financier à Cuba. Le Mexique croit que la solution aux problèmes doit être trouvée à travers le dialogue et la négociation.
Je suis convaincu que la fin de ce blocus sera source de bénéfices pour l’ensemble de la région.
Aujourd’hui, sur la scène internationale nous observons des tendances qui semblaient dépassées et qui dans le passé ont démontré être contraires au développement, telles que l’invocation des nationalismes excluants, le retour des pratiques commerciales protectionnistes et la remise en cause et l’érosion du multilatéralisme.
Il s’agit des politiques qui favorisent l’exclusion. L’exclusion politique des minorités, l’exclusion sociale des groupes vulnérables, l’exclusion économique des moins favorisés et l’exclusion culturelle de quiconque vit ou pense différemment.
Face à ces tendances inquiétantes, dans cette enceinte universelle, je tiens à réaffirmer l’importance qu’attache le Mexique au multilatéralisme et à la coopération internationale.
L’expérience prouve que le multilatéralisme constitue la meilleure manière de défendre la souveraineté et la dignité de chaque État, tout en contribuant à la sécurité et au bien-être de la communauté des nations.
C’est pourquoi tous, en tant que membres de cette organisation, nous devons réaffirmer notre confiance en elle et nous engager à la renforcer.
En particulier, le Mexique lance un appel aux pays membres, tout d’abord pour obtenir le consensus pour une réforme intégrale du Conseil de sécurité, pour renforcer le multilatéralisme, n’admettant pas de nouveaux membres permanents et établissant des périodes de participation plus longues pour les membres non permanents.
Ensuite, pour garantir que l’agenda 2020-2030 pour le développement durable, qui constitue une véritable charte sociale internationale pour le XXIe siècle, devienne un guide mondial efficace pour que personne ne reste en arrière.
Troisièmement, pour renforcer dans le monde entier le régime lié aux droits de l’Homme.
Nous sommes convaincus que la nomination de Madame Michelle Bachelet en tant que Haut-commissaire aux droits de l’Homme viendra renforcer cet important pilier de l’organisation.
Quatrièmement, pour respecter entièrement les résolutions du Conseil de sécurité pour sauvegarder la paix et la sécurité internationales.
Nous sommes encouragés par les progrès accomplis dans le dialogue entre la République de Corée et la République populaire démocratique de Corée.
Nous renouvelons en même temps l’appel à respecter les résolutions du Conseil de sécurité relatives à la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne.
Madame la Présidente,
Mon pays connaît actuellement une période de transition démocratique entre gouvernements.
Dans le plein respect des libertés politiques et économiques des citoyens, ce changement d’administration se tient dans un contexte de certitude et d’ordre, de stabilité économique et de paix sociale.
À quelques semaines de la fin de mon mandat en tant que Président du Mexique, celle-ci sera ma dernière intervention dans cette enceinte, la plus importante de la communauté internationale.
Au cours des six dernières années, j’ai constaté que le dialogue, la coopération et un système international fondé sur des règles constituent notre meilleure option pour obtenir des solutions justes, partagées et durables aux enjeux mondiaux.
La construction d’un monde de paix, d’amitié et de coopération internationale n’a jamais été une tâche aisée.
Certains font le choix de l’exclusion et de la discorde. D’autres préfèrent être des simples observateurs au lieu d’être de vrais facteurs de changement.
Ces alternatives sont contraires à l’esprit d’harmonie et de fraternité universelle qui inspire les membres de cette Assemblée.
Cette organisation est la meilleure preuve qu’il vaut la peine de se battre pour un monde plus pacifique et sûr, plus inclusif et égalitaire, plus développé et durable.
Les défis que doit relever la communauté internationale nous obligent à demeurer fidèles aux idéaux qui ont animé la création de l’Organisation des Nations Unies et à continuer à bâtir sur la base des principes établis dans sa charte de fondation.
Honorons tous, de manière responsable, les engagements pris de manière individuelle par nos États, au bénéfice de chaque nation, et en même temps de la communauté internationale dans son ensemble.
Je vous remercie beaucoup de votre attention.