Paris, le 8 février 2022
COMMUNIQUÉ CONJOINT
LES AMBASSADES DE EQUATEUR, GUATEMALA, MEXIQUE, PANAMA, PEROU ET REPUBLIQUE DOMINICAINE EN FRANCE REJETTENT DANS LES TERMES LES PLUS VIGOUREUX LES PROCHAINES VENTES AUX ENCHERES DE BIENS CULTURELS PRECOLOMBIENS A PARIS
Nous, les Ambassades de Équateur, Guatemala, Mexique, Panama, Pérou et République dominicaine en France regrettons la tenue de la vente « Carnets de voyage », visant des pièces précolombiennes, par la maison Millon le 28 janvier dernier. Nous rejetons en outre dans les termes les plus énergiques les ventes d’objets précolombiens organisées par les sociétés De Baecque – D’Ouince – Sarrau et Binoche et Giquello, appelées à se tenir les 9, 11 et 18 février prochains et lançons un appel public à arrêter ces transactions.
Nous déplorons le maintien de pratiques liées au commerce illicite de biens culturels, qui portent atteinte au patrimoine, à l’histoire et à l’identité de nos peuples originaires.
Compte tenu de ce qui précède, nous réaffirmons que les ventes aux enchères :
- encouragent le pillage, le trafic illicite et le blanchiment de biens perpétrés par la délinquance organisée transnationale ;
- portent atteinte à l’archéologie moderne en favorisant les fouilles illégales visant à extraire des objets et à empêcher que ces derniers fassent l’objet de recherches, entravant ainsi la connaissance liée aux civilisations anciennes ;
- privent les pièces volées de leur essence culturelle, historique et symbolique en en faisant de simples objets de décoration pour les particuliers ;
- portent préjudice à la coopération entre États dans le domaine de la protection et la conservation du patrimoine culturel ;
- sapent l’intégrité des cultures et par conséquent de l’ensemble de l’Humanité ;
- favorisent le marché de la contrefaçon.
Nous sommes engagées à l’égard d’une diplomatie active en défense de nos patrimoines par la voie juridique, dans le domaine bilatéral avec le gouvernement français et à l’échelle multilatérale notamment via l’UNESCO. S’agissant de la France, le cadre juridique régissant les ventes y compris aux enchères de biens culturels établit que la restitution des pièces relève de la volonté du détenteur privé, ce qui restreint sensiblement notre cadre d’action. Nous réaffirmons toutefois notre disposition à collaborer en faveur des mesures concrètes visant la protection de nos patrimoines culturels préhispanique et colonial, ainsi que la lutte contre leur trafic illicite.
Nous avons toujours la détermination de promouvoir des actions pour arrêter la commercialisation des biens appartenant à nos États respectifs et de mettre en œuvre des actions de sensibilisation pour que leur appartenance au patrimoine historique de l’ensemble de l’Humanité soit reconnue.
Nous invitons tout détenteur de biens culturels de nos pays à les restituer à leur lieu d’origine pour qu’ils continuent d’être étudiés dans le contexte qui est le leur en tant qu’éléments de la mémoire vivante des peuples de nos pays latinoaméricains.